27 janvier 2013
Portail E-sidoc
La personnalisation d'E-sidoc, avec l'exemple du portail du Lycée, sur lequel j'ai pas mal travaillé dernièrement :

Instagram #4
Azalées
Jacinthes
Fée maison
Gaia écoute les oiseaux
Le repos du guerrier
Quiche bacon / Brillat Savarin / noix
Billets pour le FIBD*
(* Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême, 40ème édition du 31 janvier au 3 février)
20 décembre 2012
Projet de référentiel

Un projet de refonte des référentiels de compétences professionelles des enseignants, des professeurs-documentalistes et des CPE, a été présenté par la DGESCO et la DGRH aux syndicats lors d'une réunion le 12 décembre dernier. C'est notamment sur ces référentiels que se fonde l'évaluation des stagiaires depuis 2010.
Il s'agit, dans le cadre de la mise en place des futurs ESPE (Ecoles Supérieures du Professorat et de l'Education), de remettre à plat les compétences attendues des futurs enseignants. Les maquettes doivent être prêtes pour la rentrée 2013.
Revenons sur les problèmes soulevés par les différents syndicats concernant le référentiel pour les profs-docs :
- L'élaboration d'un référentiel particulier pour les profs-docs montre bien qu'ils ne sont pas considérés comme des enseignants à part entière. Ainsi, les syndicats réclament une matrice commune avec le référentiel des enseignants, avec mention de leur spécificité. Encore une fois donc, le rôle pédagogique du professeur-documentaliste est ignoré, minoré, simplement affilié à "l'éducation aux médias et à l'information", partagée par tous les enseignants.
- Le texte mélange compétences, prescriptions et principes, et ce flou entourant la nature du document en dit long sur les intentions de la DGESCO et de la DGRH : entre référentiel de formation, référentiel de compétences professionnelles et circulaire de missions, leur coeur balance...
- Les syndicats relèvent un manque de cohérence entre l'actuelle circulaire de missions des profs-docs (datant de 1986) et ce référentiel de compétences : réduction importante du rôle pédagogique du prof-doc ; déplacement de certaines missions assurées jusque-là par d'autres personnels (COP et Assistante Sociale) ; création de nouvelles compétences, dont un rapprochement avec la Vie Scolaire, et la promotion des réformes en cours et de l'innovation pédagogique ("favoriser l'évolution du système éducatif en participant à la conception et à la mise en oeuvre d'innovations et de nouveaux dispositifs"... rien que ça !).
C'est pourquoi les syndicats réaffirment la nécessité d'échanger, afin de recadrer et d'alléger les compétences (plus de 100 listées tout de même !), le tout en les recentrant autour du métier de prof-doc et de son rôle pédagogique, tout en prenant également de la distance avec le rôle administratif vers lequel tend ce projet de texte.
- Le document ne fait à aucun moment référence au "CDI", mais parle abondamment du "3C" (Centre de Connaissances et de Culture), ce qui permet au passage d'insister sur l'idée d'une indispensable collaboration étroite entre profs-docs et Vie Scolaire/CPE, et direction.
- Les syndicats se rejoignent sur l'idée qu'avant un référentiel, il faut actualiser les circulaires de missions des profs-docs et des CPE, qui commencent à dater.
- "La vision de ces deux métiers [prof-doc et CPE], telle qu'elle est portée par les projets de référentiels, est celle de quelques membres de L'Inspection Générale. Il n'est pas acceptable qu'elle soit imposée à tous, en dehors de tout dialogue social." (SE-UNSA).
PIRLS 2011

Qu'est-ce que c'est ?
PIRLS : Progress in International Reading Literacy Study
Étude coordonnée par l'IEA (International Association for the Evaluation of Education Achievement) tous les cinq ans, ayant pour objectif de mesurer les performances en lecture des élèves de CM1 à travers 135 questions. 54 pays ou provinces y participent. En France, la dernière édition a concerné pas moins de 4438 élèves.
Ce qui est évalué :
Cette enquête estime la compétence en lecture, c'est-à-dire « l'aptitude à comprendre et à utiliser les formes du langage écrit que requiert la société ».
Quatre compétences sont définies :
-
prélever des informations
-
faire des inférences directes
-
interpréter et assimiler
-
examiner et évaluer le contenu
Les résultats :
Les résultats de l'enquête, qui s'est déroulée en mai 2011, ont été publiés le 11 décembre dernier.
En 2001, la France avait obtenu 525 points, 522 en 2006. À la dernière édition de 2011, elle obtient un score de 520 points, passant ainsi de la 27e à la 29e place.
Pour information : la moyenne internationale se situe à 500 points, la moyenne européenne à 534 points et la moyenne de l'OCDE à 538 points.
Le niveau des écoliers français a surtout baissé dans la compréhension des textes informatifs (-13 points) et dans les compétences les plus complexes (-11 points).
De plus, les élèves français restent les plus nombreux à s'abstenir de répondre aux questions quand les réponses doivent être rédigées et à ne pas terminer les épreuves.
Analyse :
Dans l'article « Comment les faire lire ? », de Florence Deguen (dans Aujourd'hui en France du 12/12/2012), l'auteure essaie de revenir dans un premier temps sur les éventuelles causes pouvant expliquer que les écoliers français lisent de moins en moins et de moins en moins bien. Le psychopédagogue Alain Sollo nous explique ainsi que les mauvais résultats français au PIRLS ne l'étonnent pas car « le Français est une langue difficile ». Mais il insiste également sur un aspect intéressant : « [Les enfants] pensent que lire, c'est entendre des mots à haute voix dans leur tête. […] Ils ne mettent pas d'image sur ces mots, donc le texte ne veut rien dire. » Selon lui, le principal obstacle serait donc qu'ils déchiffrent parfaitement les mots sans leur donner de sens, sans leur associer une représentation visuelle et conceptuelle. Second problème soulevé par le psychopédagogue : le manque de vocabulaire des enfants, ce qui ne leur permettrait pas de comprendre ce qu'il lise.
Mais si le problème était purement linguistique, en lien avec le jeune âge de ces apprentis lecteurs, je me pose la question suivante : Ne devrait-on pas observer le même phénomène dans les autres pays, pour les autres langues ?
En observant les résultats de plus près, on peut s'apercevoir qu'il existe certains facteurs de réussite bien particuliers :
-
une scolarisation pré-élémentaire
-
l'importance du climat scolaire
-
des parents eux-mêmes lecteurs / qui possèdent des livres / qui lisent à leurs enfants
Cela montre donc bien que les résultats en lecture dépendent davantage de politiques socioculturelles que simplement de méthode scolaire. D'ailleurs, c'est un constat que l'on peut faire chaque jour dans un CDI : l'offre et l'accueil sont les mêmes pour tous les élèves, de même que notre approche des élèves (du moins dans la mesure du possible), mais ce n'est pas pour cela que tous les élèves lisent autant ou avec la même facilité. Nous pouvons observer à chaque instant des pratiques de lecture différentes entre les élèves, notamment du fait du milieu – tant social que culturel ou familial – auquel ils appartiennent.
N'est-ce pas aussi là le rôle du professeur-documentaliste – et plus largement de l'équipe éducative et de l'école en général – de pallier les manques socioculturels de certains pour rééquilibrer la balance et remettre chacun sur un même pied d'égalité face à la lecture et plus largement à la culture ?
Dans son article, Florence Deguen entend dans un second temps apporter certains conseils pour essayer de provoquer le déclic des enfants pour la lecture : le laisser se plonger dans ce qu'il aime (« La BD, qui associe l'image et les mots, est un excellent outil pour « récupérer » un enfant qui ne lit pas. Et pour cet habitué des écrans, la tablette tactile peut se révéler un support inattendu »), créer du désir et de l'habitude (grâce à un abonnement à un magazine par exemple).
Alain Sotto insiste: « Tout ce qui est de l'écrit, qui a du sens et qui peut se partager transformera votre enfant en lecteur ».
19 décembre 2012
Question au Ministre
Question écrite de Michel Lesage (député PS des Côtes-d'Armor) au Ministre de l’Éducation Nationale Vincent Peillon.
Question publiée au JO le 11/09/2012. Réponse publiée au JO le 04/12/2012.
La question du Député :
Dans sa question au ministre, Michel Lesage revient sur le Manifeste de la FADBEN (Fédération des enseignants documentalistes de l'éducation nationale)*. Celui-ci demande la reconnaissance et la formalisation des contenus d'enseignement info-documentaires, ainsi que la constitution d'un groupe de travail ministériel autour de la question de cet enseignement spécifique.
Le député demande donc au ministre quelles mesures le gouvernement actuel compte-t-il prendre pour répondre aux revendications de la FADBEN.
La réponse du Ministre :
Selon lui, la réforme du lycée, mise en place par le gouvernement précédent, permet de construire une progressivité des apprentissages info-documentaires, à travers l'AP (Accompagnement Personnalisé), l'ECJS (Education Civique, Juridique et Sociale), les TPE (Travaux Personnels Encadrés) et les enseignements d'exploration en Seconde**.
Il reconnaît la nécessité d'apporter une formation aux élèves pour mieux appréhender les évolutions technologiques récentes. Ainsi, il insiste sur l'importance de développer chez les élèves des « capacités à rechercher l'information, à en produire, à la communiquer en ayant conscience de leur responsabilité » et qu'il est nécessaire pour eux de « prendre une place dans l'espace informationnel et médiatique actuel et à venir en en comprenant les enjeux. » (compétences développées dans plusieurs référentiels, notamment dans le Manifeste de la FADBEN et dans le PACIFI : Parcours de formation à la culture de l'information***).
Le ministre précise que « les professeurs-documentalistes pourront apporter toutes leurs compétences à cette éducation aux médias et à l'information », mais il ajoute également qu' « il ne peut s'agir d'une discipline traditionnelle », allant alors à l’encontre des revendications de la FADBEN.
Mon analyse :
Le ministre rappelle que « [le professeur-documentaliste] concourt à définir une politique documentaire comprenant un volet pédagogique », volet qui « est construit avec une progressivité des apprentissages ». Or, cela revient à dire que la formation info-documentaire ne peut être une discipline à part entière, qu'elle doit s'insérer dans d'autres dispositifs transversaux, puisque la politique documentaire concerne (normalement du moins… sic) l'ensemble de l'établissement scolaire, et donc toutes les disciplines. Ce point de vue est d'ailleurs clairement énoncé plus loin : les professeurs-documentalistes peuvent participer à cette formation, mais cela ne va pas forcément de soi. Ils sont davantage présentés ici comme venant apporter leurs compétences pour accompagner au mieux les enseignants disciplinaires.
Le propos est clair : cet enseignement doit selon lui rester transversal. L'avantage réside dans l'idée que les compétences info-documentaires ne sont pas décontextualisées, ce qui se révélerait peu efficace. Faire de la méthodologie pour faire de la méthodologie, ça ne marche pas. Il faut arriver à faire passer des connaissances méthodologiques dans le cadre d'une situation concrète de recherche et de traitement d'une information précise. Mais il y a également un inconvénient à la transversalité de cet enseignement : en admettant qu'elle soit réalisable sur tous les créneaux et par tous les enseignants, cette formation ne se fait généralement pas de façon raisonnée, à partir d'une véritable concertation de toute l'équipe éducative, et construite autour d'une organisation commune (objectifs, calendrier, progression, évaluation...).
Le ministre cite les dispositifs particuliers que sont l’AP, l’ECJS, les TPE et les enseignements d’exploration. Ce sont effectivement des créneaux intéressants pour une formation, qui évitent cette décontextualisation des apprentissages info-documentaires dont je parlais précédemment. Mais un problème persiste tout de même : comment mettre en place, dans un tel contexte, un enseignement construit autour d’une progression ? Il devient difficile dans ce cadre de voir tous les élèves, d’autant plus sur plusieurs séances. Difficile alors d’éviter le « saupoudrage »…
Selon moi, la réponse du ministre est donc loin d’être satisfaisante. C’était pourtant bien parti puisqu’il admettait volontiers lui-même le caractère indispensable d’une formation info-documentaire à apporter aux élèves aujourd’hui, dans une société où les nouvelles technologies sont omniprésentes. Il reconnaissait même l’importance de l’action des professeurs-documentalistes dans cette optique. Malgré cela, nous en revenons toujours à la même conclusion : personne ne veut sauter le pas et faire de l’info-doc une discipline à part entière, ni même voir les professionnels que nous sommes comme autre chose que de simples « assistants » des collègues disciplinaires, condamnés à véhiculer leur expertise à travers les cours des autres, à profiter des heures des autres, et à s’appuyer sur les progressions et évaluations des autres.
Le changement, c’est pour quand…?
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Pour lire la question du député Lesage et la réponse du ministre, c'est par ici :
http://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-3988QE.htm
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* Manifeste 2012 de la FADBEN consultable dans son intégralité ici : http://fadben.asso.fr/IMG/pdf/Manifeste_2012.pdf
** Détail des enseignements d'exploration à voir ici : http://media.education.gouv.fr/file/reforme_lycee/31/8/Le-nouveau-lycee-Les-enseignements-d-exploration_135318.pdf)
*** Repères pour la mise en œuvre du Parcours de formation à la culture de l'information, consultable ici : http://media.eduscol.education.fr/file/Pacifi/85/4/Reperes_Pacifi_157854.pdf
18 décembre 2012
Professeur-documentaliste : itinéraire d'un métier militant

Consultable sur le site du SNES (www.snes.edu), un texte de réflexion intitulé "Professeur-documentaliste : itinéraire d'un métier militant", Supplément au n°721 de L'Université syndicaliste (daté du 2 juin 2012).
- Je vous mets ici l'intégralité de l'éditorial (de Sandrine Charrier, secrétaire nationale, responsable du secteur contenus, et Roland Hubert, cosecrétaire général) :
"Être professeur-documentaliste aujourd'hui, c'est exercer un métier militant, comme l'affirme le titre de cette publication et ce, plus que jamais, à l'heure où nos autorités de tutelle tentent de modifier le cœur de ce métier. Face à ces attaques répétées, il est indispensable de faire le point sur cette profession, née, ne l'oublions pas, des luttes menées par le SNES, qui a su mobiliser pour imposer la circulaire de mission puis le CAPES de Documentation.
Le SNES réaffirme, dans un contexte d'évolution des pratiques professionnelles des enseignants documentalistes, qu'il n'acceptera pas que leurs missions pédagogiques soient niées. Car à l'ère numérique, au prétexte d'une modernisation des CDI et des missions des personnels qui y exercent, l'Institution veut redessiner un nouveau profil du professeur documentaliste, fort contestable et plus conforme aux réformes en cours, bien éloigné de leur statut d'enseignant.
Politique documentaire, protocole d'inspection, PACIFI, Learning Center ou 3C, les différents textes initiés par l'Inspection générale montrent bien la cohérence des projets ministériels qui visent à transformer l'enseignant-documentaliste en gestionnaire de réseau, conseiller TICE, formateur des équipes, animateur...
Cette publication analyse la situation des professeurs-documentalistes au regard de cette actualité. Elle met également en relief les obstacles auxquels ils se heurtent mais aussi leurs réussites, et trace des perspectives d'avenir en précisant les revendications du SNES sur le métier.
Nous espérons qu'elle sera l'occasion de mieux faire connaître la profession d'enseignant documentaliste et de susciter des débats autour de l'éducation des élèves à l'information-documentation. Le SNES se bat quotidiennement dans les établissements, les académies et au niveau national pour défendre les professeurs-documentalistes et promouvoir leurs missions. Ne restez pas isolé(e), rejoignez-nous et agissez avec le SNES pour une conception du service public d'éducation au service de la réussite de tous les élèves !"
- Petit résumé : Les problèmes / Les propositions mis(es) en avant
- La gestion des manuels scolaires (tâche trop souvent attribuée aux documentalistes, alors qu'il s'agit d'un travail d'intendance).
- La maintenance du parc informatique (les docs ne sont pas les informaticiens de l'établissement...).
- La surveillance d'examens (point positif : on nous considère comme des profs ; point négatif : difficile à conjuguer avec la gestion du fonds, surtout en fin d'année avec l'inventaire et le désherbage du CDI).
- La création d'une inspection spécifique (pour davantage coller aux attentes des docs).
- La création d'une agrégation en Documentation (selon le document, cette absence souligne un manque de reconnaissance du versant pédagogique de la profession par l'institution).
- La nécessaire révision du calcul du temps de service (30h + 6h pour les tâches extérieures. Cette règle date des années 1980. Or aujourd'hui, le besoin de former les élèves a augmenté, et pour beaucoup, les 6h ne sont pas suffisantes pour la préparation des cours et l'évaluation des élèves).
- Pas d'indemnités ni de rémunérations pour les travaux complémentaires (les docs ne touchant ni d'HSA, ni d'HSE, ni même l'ISOE, ce qui souligne encore une fois un manque de reconnaissance du statut d'enseignant du documentaliste).
- Le non-remplacement de deux profs-doc sur trois (parfois pire selon les années, par exemple en 2008, année de mon CAPES, 506 postes auraient été nécessaires, mais seulement 192 étaient ouverts... ça fait mal !).
- Des moyens budgétaires largement insuffisants pour les CDI (pour info : il n'existe aucune mention précise du budget minimum dans les textes officiels, mais selon Durpaire, il faudrait compter une moyenne de 5€ / élève en collège et de 8 à 10 € / élève en lycée. J'ai calculé que dans mon lycée, nous étions jusqu'en 2012 à un budget d'à peine 5,5 € / élève, si l'on ne compte pas les post-bac, et 4,8 € / élève en comptant les étudiants... No comment...).
- Le sous-équipement informatique des CDI (ils parlent d'une moyenne de 11 ordinateurs au CDI en lycée. Là pour une fois, on est pile poil dans la moyenne) et une maintenance qui laisse bien souvent à désirer.
- L'accueil des usagers, qui est davantage axé sur la quantité que sur la qualité (le CDI étant souvent perçu comme une salle de travail / d'étude de plus, et représentant trop souvent également un modérateur de flux d'élèves quand les autres lieux d'accueil sont saturés. En clair, ça veut dire qu'on nous prend pour une garderie...). L'important pour la direction est souvent de favoriser une amplitude horaire maximale.
- Les mauvaises représentations que les autres personnels (enseignants, Vie Scolaire, direction) ont encore aujourd'hui du métier de prof-doc, liées à la méconnaissance de nos missions (problème à régler selon les auteurs dans le cadre de la formation initiale des futurs enseignants).
- Le prof-doc reste encore trop souvent le seul artisan de la politique documentaire de l'établissement.
- Les pratiques pédagogiques qui, dans les circonstances actuelles, ne peuvent être qu'aléatoires voire informelles, puisqu'il faut enseigner sans avoir d'heures de cours attribuées (la formation info-documentaire des élèves ne reposant alors que sur la bonne volonté des uns et des autres), entraînant ainsi un "bricolage pédagogique" (en clair, on fait du "saupoudrage").
C'est dans cette optique que le SNES appelle à la création d'un curriculum de formation, défini nationalement pour une uniformisation des contenus enseignés et de la progression de la Sixième à la Terminale, ce qui permettrait alors la mise en place d'un enseignement formalisé de l'information-documentation.
Document consultable dans son intégralité ici : Clic Clic !
09 décembre 2012
Instagram #3

Les Carnets de Cerise, Tome 1 : Le zoo pétrifié, de Joris chamblain et Aurelie Neyret
(Soleil Métamorphose, 09/2012)
Reçu lundi dernier au CDI, emprunté pour le week-end, en train d'être lu.
A noter que cette BD fait partie de la Sélection Jeunesse du 40ème Festival de la BD d'Angoulême.

Arrivage de BD au CDI.
Bientôt je vous parlerai des Carnets de Cerise, du 3ème tome de Blast
et de Manabé Shima dans un article spécial BD.

La neige a pointé le bout de son nez cette semaine...
Sortie officielle des bottes de neige Colors of California, entièrement fourrées...
De vraies pantoufles, confortables, imperméables et très chaudes !

Improvisation autour d'un cake salé (Roquefort - bacon - noix)
et son coeur fondant au Roquefort.
Hummm !

Goûter dominical et hivernal :
Mocaccino maison et biscuits aux graines de sésame

Etrennage du dernier tricot :
un snood au point de riz, chaud et douillet,
dans une jolie laine beige rosé
(et oui... cheveux courts aussi...)
28 novembre 2012
Réaménagement du CDI - Suite
Après de lourds travaux sur le plafond (voir billet de la rentrée à ce sujet), un réaménagement des différents espaces de travail, le remplacement de plusieurs ordinateurs et la réorientation de mon bureau/borne d'accueil, une étape de plus a été franchie aujourd'hui (enfin techniquement hier, mais j'étais claquée et je n'avais pas eu le temps de faire des photos...).
1) Le coin BD/Mangas s'est développé :
Un deuxième bac à BD est venu rejoindre son grand frère (construit par les agents avec des chutes de bois et fixé sur une petite table assortie au mobilier du CDI, qui nous servait jusque là à poser des prospectus), et un troisième bac est prévu pour mettre sous le premier. C'était ça ou il fallait que j'arrête d'acheter des super BD, donc vous vous doutez bien... Le souci reste que ces fameux bacs sont vite remplis ! A moins que ce soit moi qui achète trop vite de nouveaux albums...
Un meuble à mangas a été ajouté. Il s'agit en réalité à la base d'un présentoir pour livres de poche, que nous avons récupéré chez un libraire partenaire. Le meuble en question n'avait jamais servi et prenait la poussière depuis des années chez lui. Nous avons donc pu économiser plus de 400€ (rapport à une tour à DVD que nous avions dans le colimateur et qui aurait été parfaite au niveau rangement et dimensions pour les mangas) puisque le gentil libraire nous a carrément donné ce meuble. Un coup de plumeau et hop ! ni vu ni connu, ça a l'air tout neuf ! Depuis son installation, les mangas sont beaucoup plus mis en valeur (puisque sont présentées les couvertures, alors qu'avant, ils étaient serrés dans une boîte et on n'en voyait que le dos, pas terrible donc...). En plus, au passage, on fait du recyclage, ou comment mêler économie et écologie ;)
=> Avec ce coin BD/Mangas réaménagé et mieux équipé, les ouvrages sont mis en valeur, et on remarque déjà une recrudescence des consultations de la part des élèves, que ce soit sur les BD ou sur les mangas, ainsi qu'une augmentation des prêts (qui se portaient déjà fort bien il faut l'avouer).
2) Le coin lecture a changé d'allure :
Six ans qu'on les réclamait ! A se rouler par terre en pleurant pour faire comprendre à tous qu'on les voulait vraiment. Des nouvelles chauffeuses ! Le CDI était équipé jusque là de six chauffeuses, placées depuis septembre en centre du CDI, à proximité à la fois des kiosques à périodiques et du nouveau coin BD/Mangas (espace hautement stratégique s'il en est donc). Mais des chauffeuses en tissus, sur lesquelles des élèves se vautrent avec délice à longueur de journée pendant une éternité (six ans qu'on en demande de nouvelles, mais depuis combien de temps avions-nous les anciennes ? Personne n'a été capable de remonter à la source, c'est pour dire), allez savoir pourquoi, au final, on les retrouve un beau jour tachées, délavées, éventrées, criant leur douleur aux yeux de tous.
Alors là vous allez me dire : comment ce fait-il qu'on les demande pendant six ans, et qu'elles arrivent cette année ? A cela, je ne répondrai que par trois mots : changement de direction. Résultat : 1 mois et demi après avoir soulevé le problème, les chères chauffeuses sont là. Le tout ne m'ayant coûté (enfin au CDI, pas à moi personnellement, je ne pousse pas le sacerdoce jusque là quand même) que 250 € sur les quasi 690 € qu'il fallait débourser.
=> Je suis ravie. Ravie d'avoir enfin été écoutée, entendue, comprise, soutenue. Ravie qu'une promesse ne soit pas lancée en l'air avant de retomber en confettis sur mes espérances naïves.
Mais devinez qui sont les mécontents dans l'histoire ? Les élèves !
"Elles sont jolies mais elles sont trop fermes m'dame, on peut plus se vautrer dessus comme avant !"
Non ?! Pas possible ! C'est un scandale !!! Mes pauvres lapins, vous allez me faire pleurer... :)
02 novembre 2012
Revue de presse #1

- "E-sidoc : un outil adapté au métier de professeur-documentaliste ?", de Claudine Chassaniol et Gabriel Giacomotto (p.78-80). InterCDI n°239, Septembre-Octobre 2012
"Après quelques années de mise en place laborieuse, le portail e-sidoc commence à sortir son épingle du jeu. Le CRDP de Poitiers propose enfin un outil proche de ce que l'on peut rencontrer dans les médiathèques ou en université..."
Petite parenthèse au préalable pour les non-initiés : e-sidoc, qu'est-ce que c'est ?
Il s'agit d'un outil d'édition de contenu, basé sur le CMS (famille de logiciels destinés à la conception et à la mise à jour dynamique de site web ou d'application multimédia, permettant notamment de publier des articles ou autres contenus). Ce portail e-sidoc, développé et hébergé par le CRDP de Poitiers (ce qui permet un fonctionnement optimum constant et l'absence de contraintes techniques pour l'établissement) a été conçu pour répondre aux besoins et attentes spécifiques des profs-docs.
Ce portail permet de relier les notices de la base BCDI de l'établissement (proposant ainsi un outil de recherche sur la base documentaire), avec des contenus numériques en ligne, de mettre en valeur les nouveaux documents, les coups de coeur, les derniers numéros de périodiques reçus...
Dans cet article, Claudine Chassaniol et Gabriel Giacomotto nous présentent ce nouvel outil qu'est le portail e-sidoc :
- il permet la recherche des documents du CDI depuis n'importe quel ordinateur connecté à internet
- il permet de publier du contenu à caractère pédagogique ou informatif
- il permet d'effectuer une veille sur des sujets précis (flux RSS)
Ce portail n'est pas accessible à tous cependant. En effet, il nécessite d'avoir la dernière version de BCDI Abonnement, ce qui est très coûteux (pour information : pour un lycée de 600 à 899 élèves comme le nôtre, il faut compter 369 € pour s'abonner à la formule "Solutions documentaires" BCDI + E-sidoc, contre 308 € pour la formule BCDI seul).
Son intérêt réside surtout dans le regroupement de toutes les fonctions documentaires préexistantes en un sul espace : recherche sur le catalogue en ligne du CDI (base externalisée), fonction informative, publication de contenu concernant le CDI (fonctionnement, nouveautés, chroniques d'ouvrages, bibliographies, fonction veille, dimension pédagogique, interactivité...). Le portail donne également la possibilité d'intégrer des notices de ressources numériques payantes (Universalis, Europresse, Lesite.tv...).
Selon les auteurs, le portail e-sidoc se situerait davantage du côté de l'apprenant de par sa grande simplicité (puisqu'il utilise un moteur de recherche en langage naturel).
"On peut critiquer,à juste titte le travail prémâché et sa trop grande facilité mais on peut aussi y voir une simple aide, le travail essentiel consistant, après le copier/coller, à organiser les références, voire à les intégrer à d'autres références récupérées sur un outil type "Zotero", l'élaboration d'une bibliographie ayant bien pour objectif la sélection de ressources pertinentes et variées dans leur forme sur un sujet précis."
Sur ce point, je reste un peu dubitative. Je pense qu'il est illusoire de penser que les élèves procèderont à ce travail d'organisation après avoir récupéré quelque chose de tout prêt, comme je doute que les élèves reviennent sur une traduction toute faite sur internet pour éviter les contre-sens. De plus, le fait qu'e-sidoc utilise le langage naturel n'est pas pour moi une bonne chose : ce n'est pas comme ça que les élèves s'habitueront à un vocabulaire spécifique de la documentation qu'ils auront pourtant à connaître lors de leurs recherches en tant que lycéens ou plus tard en tant qu'étudiants.
Le rôle du prof-doc se trouve donc déplacé en amont et en aval de la recherche. L'enseignement des termes spécifiques à la documentation doit donc se faire à côté, ce qui est dommage car non-logique et non-pertinent pour un outil censé répondre aux attentes et besoins des documentalistes.
Enfin, la question de la confidentialité des données se pose (pour les comptes utilisateurs). Voilà la réponse que l'on peut trouver sur le site du CRDP :
" Le CRDP a effectué une déclaration CNIL qui garantit la non fédération des données à des fins sattistiques que ce soit pour le CRDP ou pour tout autre organisme. Les données personnelles ne pourront être exploitées que par l'établissement. Dans le cas de certains connecteurs, une partie des informations personnelles des élèves pourra être transférées. Une convention entre le CRDP et l'organisme réceptionnant ces données assure la non réutilisation de ces informations sans accord préalable du CRDP et donc des établissements par le biais des conditions générales d'utilisation (CGU). La politique de conservation des données reste identique à celle de BCDI c'est-à-dire qu'une donnée supprimée dans BCDI le sera également sur le portail."
[Le portail e-sidoc du lycée : http://0580753d.esidoc.fr]
- "Filles des Lumières", de Anne-Marie Bertrand (p.8-15). TDC n°1041 - "Les bibliothèques", 1er octobre 2012
En fin d'article, Anne-Marie Bertrand s'interroge sur l'avenir des bibliothèques. Selon elle, l'utilité et la légitimité de la bibliothèque sont à reconstruire, face à la contraction des budgets publics et au doute idéologique jeté sur le bien-fondé des services publics, mais aussi et surtout face à l'évolution des pratiques culturelles.
En effet, depuis quelques années, une nouvelle tendance se dessine : la pratique de la lecture tend à baisser, au profit d'une "culture de l'écran", et le lectorat se féminise et vieillit. Mais, paradoxalement, la fréquentation des bibliothèques ne faiblit pas, ce qui s'explique par le fait que c'est la bibliothèque comme lieu qui est aujourd'hui plébiscitée, les ressources étant largement dématérialisées : "Un lieu où se retroyver, où travailler à plusieurs, où boire un café, où accéder à internet, un "troisième lieu", qui ne soit ni l'école ni la famille, un entre-deux qui soit un lieu de liberté".
Ce constat peut tout à fait se transposer aux CDI. Tous les professeurs-documentalistes seront d'accord pour dire que les élèves lisent moins qu'avant, ou du moins différemment, mais ça ne veut pas dire qu'ils désertent le CDI. Ils aiment y venir pour être au calme, pour travailler autrement. A nous ensuite de profiter de leur présence pour tenter une promotion de la lecture, sous toutes ses formes...
- "Des publics, des usages...", de Christophe Evans (p.16-17). TDC n°1041 - "Les bibliothèques", 1er octobre 2012
Dans la même idée, Christophe Evans explique que, selon lui, les bibliothèques sont des lieux culturels hybrides, qui appartiennent au domaine du loisir et des sorties culturelles en tant que lieux de consultation et de participation à des animations culturelles, au domaine de la "culture domestique", au domaine du travail personnel, au domaine de la sociabilité.
Il revient également sur la baisse d'activité des bibliothèques, résultant du développement des modes d'accès privés à internet et à la baisse des pratiques de lecture. Certes on vient moins souvent à la bibliothèque, mais on y passe plus de temps à chaque visite (travail sur ses propres documents) : "Cet environnement constitue de fait un espace de déconnexion sans égal qui permet dans une certaine mesure d'éviter de se disperser, surtout quand on révise en groupe, ce dont les lycéens sont friands".
Il insiste enfin sur l'enjeu actuel des bibliothèques : passer du statut d'institution culturelle traditionnelle à celui d'une instance mieux intégrée dans la société actuelle, capable de prendre en compte les nouvelles attentes des individus et le développement des réseaux sociaux numériques.
- "Une reconfiguration nécessaire", de Bertrand Calenge (p.24-27). TDC n°1041 - "Les bibliothèques", 1er octobre 2012
Dans la sous-partie intitulée "Produire des contenus et accompagner", Bertrand Calenge explique que les bibliothécaires s'engagent dans l'écriture pour construire des liens avec leurs publics, par exemple à travers la réalisation de blogs [sic], ou pour mobiliser les contenus véhiculés par la bibliothèque. Par la profusion de l'offre, internt rend nécessaire la recommandation et la capacité à aider le public de façon pertinente (nous nous faisons donc les intermédiaires entre l'usagers et les ressources/l'information). Il note également, à juste titre, que la prolifération des hyperliens encourage la multiplication des interconnexions humaines.
Il précise que, dans ce contexte, les bibliothécaires (et par extension les profs-docs également, voire davantage) doivent être capables de structurer et ordonner l'information en fonction d'un public déterminé, ce qui les amène à développer de nouvelles compétences : savoir référencer plus que décrire, savoir chercher plus que savoir classer, en résumé, savoir accompagner plutôt que prescrire.
- "Quelles compétences ?", de Vincent Liquète (p.11-13). Cahiers Pédagogiques, HS numérique n°27 - "Développer les compétences dans les pratiques documentaires", Juin 2012
[en italique : comment je comprends et envisage les connaissances et compétences énoncées.]
Les 5 savoirs numériques
- Savoirs présentiels : anticiper et se projeter dans des situations énoncées lors des enseignements ; organiser son travail pour reprendre ultérieurement et individuellement les démonstrations proposées.
=> Savoir réinvestir l'utilisation de l'ENT pour accompagner les enseignements.
- Savoirs technico-opératoires : capacités instrumentales permettant d'utiliser les différentes fonctionnalités de l'ENT.
=> Maîtrise technique, manipulatoire de base (B2i).
- Savoirs situés : analyse de la structure des ENT, des situations de travail ; critique et identification des limites des outils.
=> Présentation de l'ENT : architecture, utilisations, limites.
- Savoirs documentaires : capacités à "documentariser" l'information dans et hors de l'établissement. Contexte d'édition, surces, intentions auctoriales et éditoriales des ressources, processus intentionnel.
=> Validation de l'information prélevée : repérage des sources et analyse de la fiabilité de la ressource.
- Savoirs didactisés à distance : les ressources doivent être didactisées, c'est-à-dire qu'un "mode d'emploi" doit les accompagner
=> Explications d'usage, de lecture, d'analyse des ressources, en fonction du travail demandé.
Les 4 compétences info-documentaires
- Les compétences de nature sémiotique et contextuelle : le document/l'information est un ensemble de données à analyser (économie de l'édition et économie des savoirs).
=> Formes et registres de traitement de l'écriture (qu'est-ce que l'info ? Comment peut-elle être véhiculée ?) ; espace social, économique et politique de l'information (analyse contextuelle : l'information dans son époque).
- Les compétences de nature technique et médiatique : maîtrise manipulatoire et fonctionnement des technologies médiatiques (contraintes techniques et formes sémiotiques).
=> Qu'est-ce qu'un média ? Quelles en sont les différentes formes techniques et sémiotiques ? Les nouveaux médias.
- Les compétences de nature relationnelle et sociale : mise en partage de l'information, mise en circulation sociale, pratiques formelles/informelles d'information.
=> L'information à l'heure du web 2.0 : ce qui a changé dans les pratiques et dans la circulation de l'information (pratiques informelles, réseaux sociaux, web participatif, discours communautaire...). Savoir se situer dans ce nouveau contexte informationnel.
- Les compétences de nature situationnelle : adopter une posture décentrée vis-à-vis de sa propre réception de l'information pour permettre d'appréhender les différents discours et les différentes intentions.
=> Développer son esprit critique vis-à-vis de l'information, en étant attentif aux types de discours et aux intentionalités des émetteurs de ces discours, en fonction des destinataires de l'information.
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Selon moi, les compétences énoncées sont davantage de l'ordre de l'éducation aux médias, de compétences informationnelles, que purement documentaires (ce qui n'est pas pour autant antithétique d'ailleurs), et doivent par conséquent être complétées par les notions documentaires de base à connaître pour tout élève avant la fin du secondaire.

















